Le nouveau CD de la Société japonaise

Puisant dans la collection — qui semble inépuisable — de Kosuke Hiyama, la société japonaise, The Wilhelm Furtwängler Centre of Japan, édite un nouveau compact.

Il porte la référence WFFC1801-HYM et propose :
– La 2e Symphonie de Brahms dans l’enregistrement Decca de mars 1948 avec le Philharmonique de Londres,
– quatre prises alternatives non retenues, du même enregistrement,
– Les Hébrides de Mendelssohn dans la gravure Polydor de 1930 (BPO),
– la même œuvre dans l’enregistrement du VPO de 1949, pour EMI.

Nos homologues se sont abstenus, cette fois-ci, de présenter les faces 78 trs séparées et non montées ; nous avons donc les œuvres dans leur continuité.

On sait que cette 2e Symphonie de Brahms est peu goûtée, alors qu’elle a ses qualités. Il est vrai que les séances se sont assez mal passées, Furtwängler étant intervenu dans la balance, pas forcément en bien… Au moins nous disposons là d’une excellente gravure qui permet d’apprécier en connaissance de cause.

Furtwängler a toujours été à l’aise avec le romantisme bouillonnant de La Grotte de Fingal, pour reprendre l’autre dénomination des Hébrides de Mendelssohn, et plus parlant pour ceux qui ont visité cet endroit impressionnant de la côte écossaise. Les reports sont très sérieusement réalisés.

Nous avons commandé à votre intention un certain nombre d’exemplaires.
Ce CD est au prix de 12 €, et sera disponible à partir du 30 septembre sur la boutique.

Solistes aux abonnés absents

La mise en ligne du facsimilé du programme du concert de Berlin du 7 février 1943 (Sibelius, Brahms) est l’occasion de rappeler que les concerts d’alors dans la capitale du Reich n’avaient plus guère de grands solistes à afficher.

Ils étaient ailleurs : à l’étranger pour ceux qui s’étaient exilés, cantonnés dans leurs pays occupés (encore que quelques uns firent le voyage…), ou n’osant plus fréquenter une ville où brillaient plus les flammes des incendies que les stars de la musique…

Vous pensiez le connaître…

Dans cinq semaines paraîtra notre nouvelle production en téléchargement, après la Neuvième de 1942 et l’Eroica de 1952 qui vient d’être mise en ligne.

Cette nouvelle référence (SWF D03) : le Requiem allemand de Brahms, donné à Stockholm en novembre 1948.

Les connaisseurs le savent : nous n’avons que trois témoignages de l’interprétation par Furtwängler de ce chef-d’œuvre. Il y a plus de vingt ans la SWF a réédité le concert de Lucerne de 1947 ; magnifique et émouvante lecture, mais qui exige des auditeurs « les oreilles de la foi », tant le son demeure précaire. Oublions l’enregistrement, d’ailleurs incomplet de Vienne 1951 : aucun des intervenants ne semble à son plus haut niveau. Reste la captation du concert à Stockholm du 19 novembre 1948  — 3e concert de la série. Cela fait plus de quarante ans que nous la connaissons, ou plutôt que nous croyons la connaître au travers de rééditions qui vont de l’immonde au tout juste acceptable. Il fallait bien que la SWF s’y attelle, mais à la condition de se montrer exemplaire pour qu’enfin vous puissiez apprécier à sa juste valeur la grandeur de cette interprétation.

  le Konserthuset en 1948

Pour ce faire, nous avons demandé à la Radio suédoise une copie haute définition de son archive. Elle a ensuite été confiée au studio Art et Son — Christophe Hénault —, qui, par delà un savant travail de réduction du bruit de fond et une équalisation respectueuse des timbres, a laissé s’épanouir le son avec, notamment, une dynamique phénoménale et jamais reproduite, et une transparence qui met en valeur les chœurs. Le Requiem allemand est avant tout une œuvre vocale, et les chœurs préparés avec soin par Johannes Norrby le rappellent à tout moment, secondés par un orchestre attentif, avec l’apport de deux excellents solistes, il est vrai assez peu connus hors des frontières de la Suède : Kerstin Lindberg-Torlind et Bernhard Sönnerstedt.

C’est dans ce genre de réédition que la haute définition, 24/96, se justifie pleinement, en mettant en relief d’infimes détails, mais qui donnent la vie à la texture musicale. Ceci étant, le pack numérique inclut également les mêmes fichiers en « format CD ».

Deux correspondants suédois, Nils-Göran Olve, fils d’un violoniste de l’orchestre qui participa à ces soirées, et Göran Söderwall, membre de la SWF, se sont offerts pour rédiger l’un des plus complets livrets que nous ayons jamais présentés. Non seulement ils dressent le tableau des rapports de Furtwängler avec l’Orchestre et le contexte de ces soirées, mais ils nous ont traduit l’intégralité des articles de presse dithyrambiques parus au lendemain du concert !

Nous avons ajouté la biographies des intervenants, la liste des musiciens de l’orchestre, les textes trilingues du Requiem, et un fac-similé du programme. Le livret est proposé en deux versions, française  et anglaise, agrémenté d’une iconographie rare.

Pour aboutir à ce résultat, nous avons pu compter sur l’aide de l’Orchestre Philharmonique Royal de Stockholm et du Chœur, qui ont répondu avec beaucoup de générosité à nos sollicitations. Avec la Radio suédoise et nos deux correspondants suédois, qu’ils soient ici remerciés.

Suiveur de Tietjen, ou précurseur de Karajan ?

Une fois, une seule fois Furtwängler s’est risqué à la mise en scène. C’était le lot habituel d’Heinz Tietjen, metteur en scène ET chef d’orchestre, intendant de l’opéra national et grand prêtre à Bayreuth, cela deviendra coutumier avec le Karajan des années 60.

Cela se passait en janvier 1943 à Vienne : Furtwängler y dirigea quelques représentations de Tristan et Isolde, avec Max Lorenz et Anny Konetzni. Déjà, trois ans auparavant, il avait obtenu que l’on sortît des réserves les beaux décors qu’Alfred Roller avait signés pour la production de Mahler en 1903. Mais de là à succéder à Wymetal ou Tietjen… Un chose est sûre : lorsque Tristan fut repris à la fin de la même année, le nom de Wymetal réapparut sur le programme. À chacun son métier.

En tout cas, les journaux de l’époque n’avaient pas manqué le spectacle (clic sur l’article pour l’agrandir).

 

Furtwängler les a joués

Furtwängler a toujours considéré comme un devoir de servir la musique de son temps. Il y a Strauss ou Pfitzner pour les anciens, Hindemith ou Bartok pour les jeunes. Et puis il y a les autres, tous ceux à qui la fortune a ou n’a pas souri. Qui se souvient de Frommel, d’Hessenberg ou même de Braunfels ?… Alors, pour savoir au moins de quoi l’on parle, la SWF vous propose un panorama de tous ces compositeurs (il en manque quelques-uns à l’appel, on le sait) avec un « trombinoscope », une courte évocation et la liste des exécutions par Furtwängler.

Soixante-douze compositeurs… Cliquez sur le visuel pour les découvrir.