Petite statistique opératique

On se fait une idée parfois erronée du répertoire opératique de Furtwängler, notamment parce que nous avons toujours en vue ce qu’il a pu nous laisser comme enregistrements.

La petite étude à découvrir (pour les adhérents) n’a qu’une seule ambition : dresser l’état des lieux des opéras dirigés par Furtwängler.

Furtwängler à Pleyel

Si Furtwängler et ses Berlinois se produisirent, à Paris, au Théâtre des Champs-Elysées, et plus tard à l’Opéra Garnier — prestige oblige —, la Salle Pleyel, inaugurée en 1927, les accueillit deux fois : pour leur première apparition dans la capitale française en 1928 et surtout pour le concert qui marquait l’une des participations musicales allemandes à l’Exposition de 1937, le 7 septembre.

Voici un rare témoignage de cette soirée. Furtwängler salue le public, avec à sa gauche Bruno Kittel, chef des chœurs, pour ensuite être lui-même salué par le Président de la République, Albert Lebrun.

Déception

En juillet dernier nous annoncions la sortie du coffret Furtwängler/DG, qui reprend tous les enregistrements publiés par le groupe depuis les années 70, incluant aussi bien les Polydor d’avant-guerre, que les Decca, mais aussi les enregistrements radio (Berlin, le Caire, Vienne, etc.) édités depuis de nombreuses années sous l’étiquette jaune.

En passant, signalons donc le double emploi avec certains numéros de l’édition des Berliner Philharmoniker (archives 1939-1945).

Nous devrions nous réjouir d’une telle somme, mais hélas, DG s’est contenté de compiler les éditions anciennes et successives, sans reprendre le travail éditorial. Ce qui a pu apparaître le bienvenu il y a trente ou quarante ans, ne l’est plus au regard de ce qui est pratiqué aujourd’hui.

C’est dommage : une occasion manquée. Reste le côté pratique : nous avons tout d’un coup à un prix avantageux.

Espérons que Warner saura en tirer la conclusion qui s’impose si le groupe veut bien nous proposer une intégrale.

Voici le lien vers l’article fort complet de Maciej Chizynski sur le site Resmusica

Parterre, rangée 12, fauteuil 3

Le (la) détenteur(trice) de ce billet assista à un concert qui est resté quelque peu dans l’ombre durant la carrière de Furtwängler.

Fin décembre 1950, Furtwängler dirigea à Berlin une série de Neuvième de Beethoven, qui n’est pas demeurée dans les souvenirs, sans doute parce qu’elle n’a pas été enregistrée (huit autres l’ont été entre 1947 et 1954 !).

Pour le chercheur, elle offre bien des détails curieux :
– C’est la seule Neuvième donnée au Titania Palast : sans doute dut-on agrandir une scène où l’orchestre seul était déjà à l’étroit,
– une des rares fois où Furtwängler eut recours au chœur de la Cathédrale Saint-Edwige,
– la seule fois où il dirigea une merveilleuse soprano, qui devait disparaître, encore jeune, quelques années plus tard : Elfriede Trötschel.

Pour lui assurer une place distinguée dans nos archives, en voici le facsimilé.