Solistes aux abonnés absents

La mise en ligne du facsimilé du programme du concert de Berlin du 7 février 1943 (Sibelius, Brahms) est l’occasion de rappeler que les concerts d’alors dans la capitale du Reich n’avaient plus guère de grands solistes à afficher.

Ils étaient ailleurs : à l’étranger pour ceux qui s’étaient exilés, cantonnés dans leurs pays occupés (encore que quelques uns firent le voyage…), ou n’osant plus fréquenter une ville où brillaient plus les flammes des incendies que les stars de la musique…

19 septembre 2018

2 réflexions sur « Solistes aux abonnés absents »

  • Sur »Les solistes aux abonnés absents »
    l’auteur ne se laisse-t-il pas emporter par son titre?
    Certes, certains solistes sont partis, mais si on considère par exemple parmi les pianistes que vous citez, Kempff, Backhaus, Giezeking et Fischer, ils suffisent à eux seuls à la félicité et à la discothèque d’un honnête homme.
    Pour les violonistes, certains solistes brillants sont absents, mais dans les concertos de Beethoven et Brahms, rien ne vaut un Röhn, et en général Täschner me semble largement supérieur à bien des « bateleurs d’estrade ». (merci René Trémine!)
    Pour les violoncellistes, je ne connais rien de Paul Grümmer, mais Hoelscher de second niveau, n’est-ce pas un pu fort?.
    Cela étant dit, existe-t-il une édition audible du concerto de Sibelius de ce concert? je ne possède qu’un disque 33 tourd italien et l’orchestre est quasi inaudible.
    Bien à vous

    • Vous avez raison : le titre est forcé. Ceci étant : si vous regardez attentivement la liste de tous les concerts de guerre du Philharmonique de Berlin (avec Furt et les autres), vous verrez, à côté d’un bon nombre d’illustres inconnus, les noms que vous citez, et ce sont des bons, mais qui tournent en boucle, par suite de la raréfaction des solistes. Arrau quitte Berlin en 41, Fischer en 43, et Kulenkampff est le seul d’une certaine stature à tourner (avec les remarquables Konzertmeister que vous citez), mais il n’est ni Hubermann, ni Menuhin ni Kreisler… Hoelscher, très talentueux, n’est tout de même pas Casals, Piatigorsky ou Fournier…
      Pour une capitale comme Berlin, une dizaine de noms, ça fait pas beaucoup. Vous voyez qu’en définitive, si le titre est forcé, il n’est pas injustifié.
      Je crains que, quelque édition du Sibelius qui puisse paraître, cela ne change rien à la prestation quelque peu « savonnée » du soliste.
      Un grand merci pour votre intervention.

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