Le « Concert Nicolai » (du nom du fondateur de l’orchestre) est le point culminant de la saison symphonique des Wiener Philharmoniker. Et traditionnellement Furtwängler y programmait la IXe de Beethoven. Celui du 12 février 1950 (avec, la veille, sa générale publique et un concert pour les Jeunesses musicales) prend une toute autre tournure. Le programme qu’il affiche aurait pu constituer celui de tout autre concert : l’Eroica de Beethoven faisant suite au 5e Brandebourgeois de Bach, celui-ci juste précédé par le Fantaisie et fugue en sol mineur (BWV 542), exécutée à l’orgue du Musikverein par Franz Schütz. Ceci s’explique : l’année Bach débute.
Pourquoi en est-on arrivé là ? Il s’est produit un incident très gave et aux conséquences irrémédiables entre Furtwängler et la Gesellschaft der Musikfreunde, la puissante association qui possède également le « Singverein », la meilleure association chorale de Vienne, laquelle prête son concours aux grandes manifestations musicales et notamment à la IXe de Beethoven. Il serait trop long d’expliquer ici les raisons de la brouille entre le chef et la Gesellschaft, où se trouve mêlé le nom de Karajan.
Toujours est-il qu’à partir de ce jour, les concerts avec chœur verront le chef s’attacher les services de la formation rivale, la Singakademie. C’est ainsi que nous retrouverons ce chœur dans plusieurs IXe de Beethoven (1951, 1952, 1953), dans le Deutsches Requiem de Brahms (1951) et dans les Saint-Matthieu (1952 et 1954).
Nous vous proposons le facsimilé du programme en pdf, que vous trouverez également parmi les 75 programmes maintenant disponibles.

