Souvenirs, souvenirs (4)

D'ici les célébrations du cinquantenaire de la SWF, nous postons des souvenirs de "grands anciens" de l'association.

Une belle histoire

On ne raconte pas l’ineffable, dit-on, mais je vais tout de même m’y essayer.

J’avais treize ans (1961) quand le film Aimez-vous Brahms... sortit sur les écrans. Sur le film, rien. Mais mes parents m’avaient offert pour mes dix ans un électrophone Teppaz. Et mon frère qui avait vu le film, puisqu’il en avait lui le droit, m’offrit la 3e Symphonie de Brahms par les Berliner Philharmoniker dans l’enregistrement du 13 décembre 1949. C’était l’hiver et cela s’entendait. Les antibiotiques n’étaient sans doute pas encore (trop) à la mode. Qu’importe, la direction m’avait subjugué.

À partir de ce jour, tout ce qui existait avec Furtwängler ne pouvait m’échapper. Je passais mon temps chez les disquaires à inventer des trésors.

Un peu plus tard en 1969 je pris la décision de contacter les admirateurs du grand chef, il devait bien y en avoir d’autres, mais j’ignorais à quel point ! Je décidais donc d’écrire aux revues musicales en vogue à l’époque, Diapason, Harmonie et autres, afin d’y rechercher les âmes sœurs qui (cela se pouvait-il ?) auraient eu la même admiration que moi pour Furtwängler.

Cette même année, alors que mes courriers sont en bonne voie d’achèvement, sur France Musique Pierre Massé annonce la naissance, à Bordeaux, d’une Société Wilhelm Furtwängler et nous offre la face B de la 5e Symphonie de Beethoven. Je m’en souviens encore. À écouter « à genoux », dit-il.

Mes courriers jetés je m’empressais d’adhérer à celle qui allait combler mes rêves en me faisant découvrir tout (ou presque) de l’illustrissime chef. J’y ai connu Sami et j’en suis encore parfois à me demander si je n’allais pas aux conférences de le SWF d’abord pour son esprit. Et le tant regretté et sympathique Benoît Lejay. Et puis tous ces chefs-d’œuvre !

Aujourd’hui j’anime une émission sur l’une des dernières radios libres de France et j’y passe de temps en temps des œuvres dirigées par Furtwängler, ou au piano, voire même ses compositions. Mais pas trop souvent. J’en garde jalousement certaines qui ne sont que pour moi. Celles qu’on emporterait sur l’île déserte.

Merci à la Société Wilhelm Furtwängler d’avoir existé.

Michel Ponte (août 2019)

21 septembre 2019

1 réflexion sur « Souvenirs, souvenirs (4) »

  • Et bien bonjour, mon parcours ressemble un peu à celui de notre ami. Je suis tombé tel Asterix dans sa potion magique à l’âge de 13 ans.
    Ma mère m’ayant offert un budget pour acheter un microsillon j’ai demandé au disquaire son avis sur la « meilleure » interpretation de la Symphonie Pastorale.
    J’ai donc acheté le disque « La voix de son maitre », à l’époque dans un emballage luxueux.
    Après l’écoute j’ai été complètement séduit et j’ai pris mon abonnement, qui depuis a toujours été reconduit.
    J’ai 76 ans et de plus je suis l’heureux propriétaire d’une pierre noire signée par Madame Elisabeth Furtwängler pour les 50 ans de la disparition de Furtwängler.

    Henri Goldman, Octobre 2019

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