Concert du 16 décembre 1940

Il y a tout d’abord le Rondino giocoso de Theodor Berger (1905-1992), compositeur dont Furtwängler avait salué le réel talent dès 1932. L’œuvre, de moins de cinq minutes, est une page exubérante, qui fait songer au meilleur Hindemith, voire à un certain Stravinsky, celui du Baiser de la fée ou de Jeu de cartes, ou au Bartók des œuvres pour orchestre à cordes. Notre chef adopte cette partition, dont il assure la création berlinoise ce jour-là, et qu’il va emporter dans ses tournées en l’imposant en Allemagne, mais aussi en Italie, en Autriche et jusqu’à Stockholm. Belle promotion pour un jeune compositeur ! 

Le Cinquième Brandebourgeois revient fréquemment sous la baguette — ou plutôt sous les doigts de Furtwängler, puisqu’il le dirige du clavier — tout au long de sa carrière, de Lübeck à Berlin, de Mannheim à Vienne, se faisant ainsi un point d’honneur de mettre en avant les solistes de ses orchestres successifs. En l’occurrence, nous retrouvons Siegfried Borries, premier Konzertmeister et dont ce sont parmi les dernières apparitions avant qu’il ne quitte le Philharmonique (pour y revenir une dizaines d’années plus tard), et Albert Harzer, un grand ancien, puisqu’il y est entré en 1910 pour y rester... 43 ans !

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