En pays de connaissance

1953 : le temps est loin où presque chaque concert berlinois de Furtwängler affichait un soliste, instrumental ou vocal.

Et il était loin le temps où tous les grands noms défilaient sous sa baguette. À côté du violoniste Yehudi Menuhin, les rois de l’archet se font rares, et seul Wolfgang Schneiderhan semble avoir bénéficié des faveurs du chef à plusieurs reprises.

On retrouve cet ancien Konzertmeister viennois dans un concert que l’on connaît bien : celui du 17 mai 1953, et son interprétation du Concerto de Beethoven a figuré longtemps au catalogue de Deutsche Grammophon.

En ligne : le facsimilé

    

Souvenirs, souvenirs (n° 3)

D’ici les célébrations du cinquantenaire de la SWF, nous postons des souvenirs de « grands anciens » de l’association.

Erreur sur la personne

Je ne suis pas le plus ancien : seulement trente-trois ans de SWF… Lorsque j’y suis arrivé, il m’a semblé opportun de mettre en avant un aspect de Furtwängler quelque peu négligé : le compositeur. En 1989, pour les vingt ans de la SWF, l’association organisa une grande soirée Furtwängler qui vit la création française de la Seconde Sonate pour violon et piano. Des membres de la famille Furtwängler, Elisabeth en tête, avaient spécialement fait le voyage.

À cette occasion nous avions remis « cérémonieusement » à Dagmar Bella-Sturli (1920-1999), l’une des filles de Furtwängler, pianiste et professeur à Vienne, « son » disque, autrement dit notre vinyle comprenant l’enregistrement de concert du Concerto pour deux pianos de Mozart, concert où elle était la partenaire de Paul Badura-Skoda, tous deux accompagnés par le Philharmonique de Vienne dirigé par son papa (8 février 1949). Nous avions édité ce disque sur la base d’une bande d’archive acquise (pas gratuitement…) auprès de Badura-Skoda.

Le lendemain, elle vint déjeuner à la maison avec Elisabeth et Andreas. Je lui mis à écouter son disque. Elle sourit et nous déclara : « Mais ce n’est pas moi… je me souviens très bien : j’étais au premier clavier, Paul au second ; or je reconnais bien ici la main de Paul, mais au premier piano…, ce nest pas moi qui joue. »

Ajoutons à cela qu’il nous était toujours apparu curieux que cet enregistrement soit de d’aussi bonne qualité pour l’époque et que, par miracle, aucun auditeur n’ait été enrhumé en cet hiver 1949 ! On s’était bien fait avoir…

J’avais l’air fin ! Je ne sais plus par quelle pirouette je m’en suis sorti, maudissant un certain pianiste…

Stéphane Topakian

PS : Ce « faux » Furtwängler a été identifié depuis : Badura-Skoda a pour colistier Jörg Demus, Hans Swarowsky tenant la baguette.

Ah ! les chemises de grand-papa !

Les chefs actuels vont bientôt diriger en jean et t-shirt. Il est loin le temps des chemises à plastron et des faux cols… Il en fallait du temps pour assembler tout ça.

« Et puis il a fallu se mettre en habit… et les embêtements vestimentaires peuvent fâcheusement influencer un artiste superstitieux… »
(Charles Munch : Je suis chef d’orchestre, Ed. du Conquistador, 1954)

Furtwängler dans les coulisses. Concert à Munich, Deutsches Museum, avec le Philharmonique de Berlin, début des années 30. (Archives des Berliner Philharmoniker)

L’essentiel

Comme vous le savez, une association comme la nôtre n’existe que par vous.

En ce moment, notre grand objectif est que le cinquantenaire de la SWF soit une grande réussite. Cette réussite ne sera possible qu’avec votre aide et votre soutien.

Il y a presqu’un mois nous avons mi en place la levée de fonds à travers « kisskissbankbank ». A ce jour, elle n’a pas été sollicitée ce qui est dommage. Nous sommes à moins de 20% de l’objectif fixé.

Nous vous rappelons qu’une déduction de 60% du montant donné peut être déduit des impôts et que pour chaque montant vous avez des contreparties.

Egalement, n’hésitez pas à faire parvenir le lien à votre cercle de connaissances. 31Le Comité Directeur est là pour répondre à toutes vos questions au sujet de la collecte.

D’avance merci pour votre apport à la réussite de la collecte et du cinquantenaire.

  Le Comité directeur

Rappel:
https://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/cinquantenaire-de-la-societe-wilhelm-furtwangler

Furtwängler au Palais Garnier

À partir de 1930, Furtwängler donna la quasi-totalité de ses concerts parisiens à l’Opéra de Paris, surnommé Palais Garnier en hommage à l’architecte de ce bâtiment grandiose.

Nous n’avions pas de cliché le montrant à l’œuvre dans cette salle illustre. Voici un oubli réparé avec cette photo prise lors d’une répétition avec le Philharmonique de Vienne, en octobre 1949.

Et comme il y a des microphones, on a le droit de rêver…

Un programme emblématique

Rien de plus « bateau » que ce programme. Et pourtant il cache une réalité : celle d’un chef qui veut marquer sa place dans la tourmente.

Cette affiche est celle de son retour au pupitre de son orchestre et dans sa ville de Berlin : en 1935 et en 1947. Et c’est également celle de sa participation au festival de Munich en 1935.

Voici le facsimilé de ce programme.

 

Souvenirs, souvenirs (2)

D’ici les célébrations du cinquantenaire de la SWF, nous postons des souvenirs de « grands anciens » de l’association.

1969 : Inauguration de la SWF à Bordeaux

Présentation par M. Léon, adjoint du maire Jacques Chaban-Delmas à l’époque. Pas un nom prononcé correctement. Ainsi :

Membres fondateurs : J.P. Brenchenmüècher au lieu de Brechenmacher, Henri-Jean Cestas au lieu de Testas, et inévitablement Sam Abraham au lieu de Sami Habra.

Ensuite ce fut la lecture de la liste des membres d’honneur, par ordre alphabétique :

Karl Bohême pour Karl Boehm ; Pierre Boulet pour Pierre Boulez ; Germaine Lupin (petite-fille d’Arsène ?) pour Lubin ; Quel Empereur pour Otto Klemperer, et ainsi de suite. Arrivé à Hans Schmidt-Isserstedt que tout le monde attendait avec un sourire pour voir comment M. Léon allait s’en tirer, la blague s’est retournée contre nous tous, car le présentateur conclut sa liste en disant astucieusement : « ainsi que beaucoup d’autres musiciens de renom »…

Cette saillie fut accueillie par un énorme éclat de rire qui surprit le présentateur.

Sami Habra

New York, New York

Nous n’allons pas entonner la chanson popularisée par Liza Minnelli, mais rappeler que Furtwängler y eut trois ans de suite sa saison à l’Orchestre Philharmonique : 75 concerts !

Les archives sont à disposition et il faudra bien que l’on s’y penche un peu plus. Si l’un de nos adhérents, citoyen des USA, voulait bien s’y consacrer…

C’est qu’il y a de quoi faire. Si vous vous rendez sur le site officiel de l’Orchestre, à la page consacrée aux directeurs musicaux, on vous y apprend que Toscanini succéda en 1928 à Mengelberg, lequel avait pris la suite de Stransky en 1922. Et Furtwängler là au milieu ? Il n’a pas l’air d’exister. Cela nous a amené à échanger quelques mails avec le responsable des archives. Si les documents en consultation semble mettre sur le même pied Mengelberg et Furtwängler, il n’en demeure pas moins que ce dernier ne peut être considéré comme (co)-directeur musical du NYPO : aucune  responsabilité quant au recrutement ou dans le choix des tournées par exemple. Dont acte.

Certes l’on sait que Furtwängler et New York, c’est une série de rendez-vous manqués, et un gros clash d’origine politique ; mais tout de même, de là à traiter un musicien du calibre de Furtwängler comme un invité parmi d’autres, cela relève d’une certaine mauvaise foi, affichée depuis 1927, bien avant que l’Histoire s’en mêle.

En attendant une étude, contentons-nous de ce qui semble être le seul cliché (Evening Post) de notre chef au Carnegie Hall. Nous sommes en 1926 lors d’une répétition.

Quelques précisions

Au vu de quelques questions, voici des précisions concernant la levée de fonds via Kisskissbankbank.

Toute somme versée donne lieu à une contrepartie.

Pendant la durée de l’opération, les sommes versées sont bloquées.

Si l’objectif de 2500 € n’est pas atteint, les sommes déjà récoltées sont immédiatement remboursées aux donateurs.

Si l’objectif est atteint ou dépassé, les contreparties sont envoyée avant le 19 octobre et les donateurs — du moins français — peuvent déduire de leurs impôts 60% du montant donné.

On a besoin de chacun d’entre vous

Comme annoncé il y a quelques semaines, le 19 octobre prochain aura lieu notre « journée du cinquantenaire », avec notamment un concert de musique de chambre, pour lequel nous avons convié le Varian Fry Quartett, formé de jeunes membres du Philharmonique de Berlin.

Vous pouvez aisément l’imaginer : l’organisation d’un tel événement est complexe, et lourd financièrement.

Aussi avons-nous décidé d’avoir recours au financement participatif, à partir de la plateforme Kisskissbankbank. Comme vous pourrez le voir en allant consulter le site, en contrepartie de votre participation, nous remettons aux donateurs des disques, mais aussi de places de concert ou des (ré)adhésions gratuites.

Nous étudions la possibilité d’enregistrer le concert que nous pourrions ensuite diffuser en streaming pour nos seuls adhérents.

Comme un cinquantenaire ne se vit qu’une fois, c’est à une occasion unique que nous vous prions d’apporter votre concours, en comptant sur votre générosité.

Par avance, l’équipe dirigeante vous remercie de votre soutien, quel qu’il soit.

https://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/cinquantenaire-de-la-societe-wilhelm-furtwangler