Cinq questions à Sami Habra

Sami Habra supervise nos productions phonographiques depuis l'origine. C'est donc à lui que nous avons posé quelques questions sur la réalisation de notre prochain CD.

1. Cher Sami, la SWF avait publié voilà une vingtaine d’années le Fidelio de Salzbourg 1948. Nous projetons pour le début de 2018 l’édition de celui de Salzbourg 1950. En quoi se différencie-t-il de la précédente ?

D’abord l’enregistrement est complet, contrairement à l’édition de 1948. Cette interprétation est pleine de vigueur et de vitalité que l’on ne retrouve pas tout à fait dans les versions de 1953 (studio ou live).

2. D’après vous, quel est l’atout majeur de cette version ?

La dernière prestation de Kirsten Flagstad dans le rôle de Fidelio, avant de passer le flambeau à Martha Mödl. Puis, très probablement (presque certainement) la plus impressionnante Leonore III de Furtwängler, comme en témoignent d’ailleurs les applaudissements de deux minutes qui semblent ne vouloir jamais cesser !

Flagstad+furt 49

3. Quelles sont les difficultés spécifiques que vous avez rencontrées dans la préparation de cette édition ? Et comment y avez-vous répondu ?

J’ai utilisé principalement la bande que m’avait confiée Madame Furtwängler il y a longtemps. J’ai évité d’utiliser des sources du commerce, certaines étant parfaitement dans la tonalité, d’autres non. L’enregistrement initial sonnant de manière agressive — particularité de la Radio Autrichienne — la couleur générale réalisée par l’ingénieur du son Charles Eddi a permis de retrouver le son particulier de l’Orchestre Philharmonique de Vienne, qui s’est avéré très proche de celui de la version de studio 1953. Il en fut de même pour les voix. Toutefois, les chanteurs évoluant fréquemment sur scène, il était hors de question de modifier le volume des voix et de risquer ainsi de déformer la dynamique de l’ensemble.

4. Fidelio est une œuvre qui a accompagné Furtwängler sa vie durant. Une raison particulière ?

C’était son opéra préféré. Son rêve était de le jouer en « oratorio », évitant les voix qui se rapprochent ou s’éloignent…

5. Si vous n’aviez qu’un seul « passage » à retenir de cette version, lequel serait-ce ?

Deux « passages » : Leonore III, et la 2e scène du Second Acte.

Propos recueillis par ST

5 décembre 2017